11.07.2026 | On se remet en mouvement !
Samedi 11 juillet 2026 de 10h à 15h30 s'est tenue une nouvelle rencontre de l'Agoractive, en présence de 28 participants dont près de la moitié élu·es et nouveaux·velles arrivant·es dans le groupe, suite au renouvellement des équipes municipales.
Cette séance s'est déroulée au Hangar agricole de Lieurac, tout nouveau espace de vie sociale en éco-construction qui sera inauguré le 18 septembre prochain.
Un grand merci à Hadrien, maire de Lieurac, pour son accueil !

Après une période marquée par les expérimentations communales, les mobilités Erasmus+, les élections municipales et le renouvellement de certaines équipes locales, cette rencontre avait un double objectif :
- revenir collectivement sur le chemin parcouru par l’Agoractive ;
- définir ce que le groupe souhaite conserver, transformer, arrêter ou créer pour la période 2026-2027.
La matinée devait également permettre aux personnes arrivées plus récemment de comprendre l’histoire, le fonctionnement et les activités de l’Agoractive, puis à chacun et chacune de trouver sa place dans la suite de la démarche.
Interconnaissance
La rencontre a commencé par un temps d’accueil destiné à permettre aux personnes présentes de se retrouver, de faire connaissance et de partager ce qu’elles retenaient des expériences antérieures de l’Agoractive.
Plusieurs mots et idées sont revenus dès ce premier tour :
- l’envie de faire ;
- le bouillonnement ;
- l’intelligence collective ;
- la démocratie transformative ;
- la force du collectif ;
- l’inspiration ;
- la création de liens ;
- la difficulté, mais aussi la nécessité, de faire ensemble ;
- l’ouverture des démarches au-delà des seuls élus et des groupes déjà constitués.
Nos pépites du temps d'inclusion
« Ce que je retiens, c’est l’envie. L’envie, au niveau global, de faire quelque chose. »
« J’ai beaucoup aimé cet exemple : sortir de la personnalisation politique, notamment à travers l’élection sans candidat. »
L’exemple d’une entreprise textile reprise ou sauvegardée grâce à une dynamique collective et citoyenne est également cité. Au-delà du projet lui-même, c’est l’énergie nécessaire pour maintenir une initiative dans le temps qui marque les participants.
Le contraste entre l’élan initial des démarches citoyennes et les difficultés rencontrées une fois que les personnes entrent dans les institutions municipales. On retient néanmoins l’importance du « faire ensemble », à condition de ne pas rester dans un cercle fermé :
« Il ne faut pas rester entre soi. Il faut ouvrir la porte à tout le monde. Je pense que c’est vraiment important. »
On emploie le mot de « bouillonnement » pour caractériser les idées, les expériences et les nouvelles personnes rencontrées. L'importance d'aller chercher de l’inspiration ailleurs.
On souligne moins le résultat ponctuel que l’énergie collective nécessaire pour faire durer ce type de projet.
Une expérience très concrète menée à Saurat : la création d’un groupe WhatsApp permettant aux habitants de formuler des demandes précises ou de proposer des coups de main. Les messages peuvent concerner une voiture en panne, un besoin de covoiturage, un service ponctuel ou une information locale, par exemple lorsque les myrtilles sont mûres.
« Les gens ont seulement besoin qu’on leur fasse une place pour pouvoir s’exprimer et montrer leur valeur. »
Ce premier temps fait également apparaître une préoccupation politique plus large. Les élections municipales viennent d’avoir lieu, d’autres échéances se préparent et les équilibres locaux évoluent. Pour plusieurs participants, la participation citoyenne doit aussi servir à mieux se préparer à « faire avec », à inclure davantage et à éviter les fonctionnements municipaux excessivement verticaux.
« Je retiens la difficulté de faire ensemble, quelle que soit notre position dans les villages. Mais je découvre ce groupe et je me dis qu’il y a peut-être de l’espoir. »
L'agoractive ?
Avant d’engager les ateliers, un temps de présentation a permis de remettre les personnes présentes au même niveau d’information :
- qu’est-ce que l’Agoractive ?
- d’où vient-elle ?
- qui la porte et qui l’anime ?
- qu’a-t-elle réalisé jusqu’à présent ?
- comment fonctionne-t-elle ?
- à partir de ce chemin, où le collectif souhaite-t-il aller ?
L’Agoractive s’inscrit dans une histoire commencée avec le conseil de développement du PETR de l’Ariège. Dès son installation, les membres avaient exprimé le désir de s’investir dans des projets concrets, d’être utiles au territoire, de mieux le comprendre et de créer davantage de liens entre habitants, élus et techniciens.
Le collectif a ensuite progressivement affirmé une identité propre, fondée sur la participation citoyenne, la liberté d’engagement, le débat, l’action, l’expérimentation et le collectif.
Le plan d’action élaboré précédemment reposait notamment sur trois axes :
- aller vers les habitants et créer du lien de proximité ;
- expérimenter de nouvelles pratiques de gouvernance ;
- observer, documenter et partager les expériences.
La rencontre du 11 juillet ne visait pas à repartir de zéro, mais à regarder honnêtement ce qui avait fonctionné, ce qui avait moins bien fonctionné et ce qui restait pertinent dans le nouveau contexte municipal.
Rétrospective collective : ce que les expériences ont produit
Des expériences qui donnent envie d’agir
Les mobilités, visites, rencontres et expérimentations ont joué un rôle important dans la motivation des membres.
Les participants retiennent notamment :
- les visites de communes ou de collectifs ayant déjà expérimenté la participation citoyenne ;
- les rencontres avec des habitants et des élus porteurs de projets ;
- les mobilités Erasmus+ ;
- les expériences d’entreprises ou d’activités sauvegardées collectivement ;
- les pratiques d’élection sans candidat ;
- les expériences de gouvernance partagée ;
- la découverte de projets locaux simples, comme les groupes d’entraide entre habitants.
Ces expériences sont considérées comme plus mobilisatrices que des présentations générales ou théoriques. Elles permettent de constater que des solutions existent, de rencontrer directement les personnes qui les portent et de mieux comprendre les difficultés réelles.
« Il faut chercher l’inspiration pour pouvoir agir. »
Les voyages et visites ne sont donc pas perçus comme des parenthèses agréables, mais comme des moyens d’apprentissage, de mise en confiance et de déclenchement de l’action.
Une meilleure compréhension de l’intelligence collective
Plusieurs interventions soulignent que le collectif a permis de faire l’expérience concrète de l’intelligence collective.
Cette intelligence n’est pas décrite comme une méthode abstraite. Elle se manifeste lorsque :
- la parole est réellement partagée ;
- les personnes peuvent proposer une idée sans devoir disposer d’un mandat particulier ;
- le groupe accepte de ne pas connaître la solution à l’avance ;
- les expériences de chacun sont reconnues ;
- une décision ou un projet ne repose pas uniquement sur une personnalité politique ;
- chacun peut entrer, sortir ou contribuer selon ses disponibilités.
Le groupe valorise particulièrement les méthodes qui évitent de concentrer le pouvoir ou la reconnaissance sur une seule personne.
Une difficulté persistante : passer de l’élan citoyen à la gestion municipale
L’un des constats les plus importants de la matinée concerne la transformation vécue par les citoyens lorsqu’ils deviennent élus.
Des personnes entrent parfois dans un conseil municipal avec :
- une volonté d’ouverture ;
- un projet participatif ;
- une culture militante ou associative ;
- l’envie de faire différemment.
Elles se retrouvent ensuite confrontées à la gestion quotidienne :
- normes ;
- procédures administratives ;
- contraintes budgétaires ;
- délais ;
- responsabilités juridiques ;
- fonctionnement des intercommunalités ;
- manque d’ingénierie ou de personnel dans les petites communes.
« Quand on se retrouve à gérer une commune, on entre tout de suite dans la spirale infernale de la norme, de l’administratif et des finances, surtout dans les petites communes où on n’est épaulé par personne. On bascule, on va dire, du côté obscur. »
« Après trois mandats de maire, c’est au troisième mandat que j’ai découvert cela. »
Le groupe s’interroge donc sur ce qu’il reste, après un ou deux ans de mandat, du socle citoyen et idéaliste d’une liste participative.
« Comment passe-t-on de l’autre côté de ce mur de verre ? Et qu’est-ce qui reste du socle citoyen idéaliste ? »
Cette réflexion ne vise pas à opposer les élus aux habitants. Elle cherche au contraire à comprendre les mécanismes institutionnels qui créent progressivement de la distance.
Atelier « Conserver, cesser, créer »
Les échanges ont ensuite été organisés autour de trois questions :
- qu’est-ce que l’Agoractive souhaite conserver ?
- qu’est-ce qu’elle souhaite cesser ou faire autrement ?
- qu’est-ce qu’elle souhaite créer ?
Ce que le groupe souhaite conserver
Un espace libre d’engagement
Le fonctionnement souple de l’Agoractive est largement apprécié.
Chacun peut :
- recevoir les informations ;
- participer lorsqu’il le souhaite ;
- s’investir davantage à certains moments ;
- prendre de la distance lorsque ses contraintes personnelles ou professionnelles l’exigent ;
- revenir sans avoir à se justifier.
« On monte, on reste, on descend comme on veut et comme on peut, selon nos disponibilités. »
Le groupe souhaite conserver l’absence d’injonction et le caractère volontaire de la participation.
« Il n’y a pas d’injonction tout le temps. On peut recevoir l’information et, quand on est disponible et volontaire, on y va. On n’est jamais exclu. »
Cette souplesse est considérée comme une condition de la diversité du collectif. Elle évite que l’engagement devienne une charge supplémentaire ou une nouvelle obligation.
Les rencontres régulières
Le principe de rencontres environ tous les deux mois est confirmé.
Ces rendez-vous permettent :
- de garder le lien ;
- de renouveler le groupe ;
- de prendre le temps de discuter ;
- de découvrir de nouvelles personnes ;
- de faire circuler les expériences ;
- de décider collectivement des priorités.
Le groupe souhaite toutefois mieux choisir les sujets abordés, afin de ne pas accumuler les projets au-delà de ses capacités.
L’équilibre entre anciens et nouveaux participants
Les rencontres doivent continuer à réunir :
- des personnes déjà engagées dans l’Agoractive ;
- de nouveaux habitants ;
- de nouveaux élus ;
- des personnes simplement curieuses ;
- des porteurs de projets ;
- des personnes venues d’autres communes.
Cet équilibre est jugé essentiel pour éviter l’entre-soi tout en maintenant une mémoire collective.
Les rencontres sur le terrain
Les participants souhaitent conserver les visites de lieux et les rencontres avec des personnes ayant une expérience concrète.
Il s’agit de rencontrer :
- des habitants ;
- des élus ;
- des collectifs ;
- des entreprises ou associations ;
- des communes qui expérimentent depuis plusieurs années.
Le terrain permet de comprendre ce qu’un document ou une conférence ne montre pas toujours : les hésitations, les conflits, les ajustements, la durée et l’énergie nécessaires.
Les retours d’expérience
Le groupe souhaite continuer à faire circuler les expériences, qu’elles soient réussies ou non.
Les retours doivent porter sur :
- les conditions de départ ;
- les moyens mobilisés ;
- les difficultés ;
- les changements de méthode ;
- les effets réels sur la commune ;
- la place donnée aux habitants ;
- ce qui n’a pas fonctionné.
L’objectif n’est pas de présenter uniquement des projets exemplaires ou achevés, mais de montrer les processus réels.
L’observation et la documentation
Le travail d’observation et de documentation reste considéré comme important. Il doit cependant devenir plus accessible et mieux ciblé.
Le groupe évoque notamment l’intérêt de s’appuyer sur un guide existant consacré aux communes participatives, susceptible de servir de trame commune. Ce support pourrait :
- être simplifié ;
- être adapté à différents publics ;
- être imprimé ;
- être mis à disposition lors des rencontres ;
- servir de base aux accompagnements.
Cette orientation prolonge le travail antérieur de l’Agoractive sur la documentation des projets citoyens, la méthodologie et la constitution d’une boîte à outils.
L’enthousiasme et le plaisir de se retrouver
Le groupe tient à conserver une atmosphère accueillante et peu formelle.
La convivialité n’est pas considérée comme secondaire. Elle facilite :
- la parole ;
- la confiance ;
- l’accueil des nouveaux ;
- la coopération ;
- le maintien de l’engagement dans la durée.
« Il faut conserver l’enthousiasme de se retrouver pour ces rencontres. »
Ce que le groupe souhaite cesser ou limiter
Cesser de courir après le temps
Le collectif reconnaît avoir parfois voulu mener trop d’actions simultanément.
« On veut prendre notre temps dans cette démarche. »
La priorité est désormais de sélectionner quelques actions réellement réalisables, plutôt que de produire de nombreux projets, comptes rendus ou rapports qui restent inachevés.
Cesser de partir dans toutes les directions
Certains travaux de documentation ont donné le sentiment de manquer de cadre.
Ce constat ne remet pas en cause l’intérêt d’observer ou de documenter. Il invite à définir :
- une question précise ;
- une méthode commune ;
- un support de restitution ;
- le public auquel le travail est destiné ;
- l’utilisation concrète du résultat.
Cesser les discours trop experts
Plusieurs supports produits ou mobilisés sont jugés riches, mais parfois trop techniques.
Le groupe souhaite éviter :
- le langage institutionnel ;
- les rapports longs et peu consultés ;
- les concepts non illustrés ;
- les documents uniquement disponibles en ligne ;
- les outils identiques pour tous les publics.
La participation citoyenne doit pouvoir être expliquée simplement, sans devenir simpliste.
Cesser de vouloir s’adresser à tout le monde de la même manière
L’intention d’« aller vers tout le monde » est maintenue, mais le groupe reconnaît qu’un même message ne peut pas répondre aux besoins de chacun.
Les habitants, les élus, les agents, les jeunes ou les personnes déjà engagées ne se posent pas les mêmes questions.
Il faut donc produire des informations différenciées :
- pour les habitants : quels sont leurs droits, leurs marges de proposition et les espaces dans lesquels ils peuvent agir ?
- pour les élus : comment associer les habitants sans perdre leur capacité de décision ni ralentir excessivement la gestion ?
- pour les agents : comment faciliter le lien entre la décision politique, les contraintes techniques et les attentes des habitants ?
- pour les jeunes et les enfants : à quoi sert la participation et comment peuvent-ils prendre part à la vie collective ?
Cesser l’opposition stérile entre élus et habitants
Le groupe souhaite sortir d’un dialogue réduit à deux reproches :
« Ils ne font pas ce que l’on veut. » et « Les habitants ne comprennent pas nos contraintes. »
La réflexion doit permettre de reconnaître à la fois :
- le pouvoir et la responsabilité des élus ;
- le droit d’expression et d’initiative des habitants ;
- les contraintes administratives et budgétaires ;
- la valeur des savoirs d’usage ;
- les limites de chaque niveau de collectivité.
Faire reculer les discriminations
La question des discriminations est évoquée, même si elle n’a pas donné lieu à une proposition précise.
Le collectif considère que certaines exclusions se produisent spontanément :
- par la manière de prendre la parole ;
- par les horaires ou les lieux des réunions ;
- par le vocabulaire utilisé ;
- par la maîtrise inégale des codes administratifs ;
- par la place différente accordée selon l’âge, le genre, l’origine sociale ou la fonction.
L’Agoractive cherche déjà à limiter ces mécanismes, mais souhaite aller plus loin afin que les démarches participatives ne reproduisent pas les inégalités qu’elles prétendent combattre.
Ce que le groupe souhaite créer ou relancer
Rendre perméable le « mur de verre » entre élus et habitants
Cette image constitue l’un des principaux fils rouges de la rencontre.
Le « mur de verre » désigne la séparation qui se forme entre :
- les habitants, qui ne perçoivent pas toujours les contraintes de la gestion publique ;
- les élus, qui peuvent progressivement perdre le contact avec l’expérience ordinaire des habitants.
Le groupe souhaite construire des espaces où chacun peut comprendre la position de l’autre sans devoir l’adopter entièrement.
Cela pourrait prendre la forme :
- de formations communes ;
- de jeux de rôle ;
- de visites ;
- de témoignages d’élus issus de listes citoyennes ;
- de réunions publiques ;
- de supports pédagogiques ;
- d’un escape game ou d’une « escape box » ;
- d’expériences permettant aux élus et aux habitants de changer temporairement de rôle.
Expliquer simplement le fonctionnement des collectivités
Une action de vulgarisation pourrait porter sur :
- ce qui relève de la commune ;
- ce qui relève de l’intercommunalité ;
- ce qui relève du département ou de la région ;
- les compétences d’un conseil municipal ;
- les décisions qui peuvent réellement être prises localement ;
- les obligations réglementaires ;
- les contraintes budgétaires ;
- le rôle des agents ;
- le fonctionnement des conseils municipaux et communautaires.
L’objectif serait de permettre aux habitants de formuler des propositions mieux informées et aux élus de mieux expliquer leurs arbitrages.
Ce besoin figurait déjà dans les travaux antérieurs de l’Agoractive, qui invitaient à recentrer le débat sur les compétences des communes, leurs marges de manœuvre et les espaces dans lesquels information, consultation ou décision peuvent réellement être partagées.
Promouvoir la participation pendant toute la durée du mandat
La participation citoyenne ne doit pas être limitée :
- aux campagnes électorales ;
- à l’élaboration initiale d’un programme ;
- aux situations de conflit ;
- à une consultation exceptionnelle.
Le groupe souhaite promouvoir des formes de participation en cours de mandat :
- questions écrites adressées aux conseils ;
- réunions publiques régulières ;
- consultations locales ;
- participation aux projets communaux ;
- présence ou observation des conseils municipaux et communautaires ;
- échanges autour du projet de territoire ;
- contribution plus large au conseil de développement.
Une expérience dans laquelle les habitants peuvent transmettre des questions écrites est citée comme exemple à approfondir.
Créer des supports adaptés aux différents publics
Plusieurs supports sont envisagés :
- un guide à destination des élus ;
- un guide simple à destination des habitants ;
- une version pour les jeunes ;
- des outils adaptés aux enfants ;
- un support répondant directement à la question : « À quoi sert la participation citoyenne ? »
- des fiches présentant des expériences locales ;
- une version imprimée et facilement consultable des ressources existantes.
Ces outils devraient partir de situations concrètes plutôt que de définitions générales.
Créer une expérience ludique
L’idée d’un escape game ou d’une « escape box » est proposée.
Le principe serait de placer élus et habitants dans une situation où ils doivent :
- résoudre ensemble un problème communal ;
- prendre en compte des contraintes juridiques, financières et humaines ;
- écouter des points de vue divergents ;
- arbitrer ;
- comprendre les conséquences d’une décision ;
- se mettre à la place de l’autre.
Cette proposition est accueillie favorablement, car elle permettrait de passer par l’expérience et le ressenti plutôt que par un discours descendant.
« Il faudrait que les élus et les habitants non élus se mettent à la place les uns des autres, dans quelque chose de concret, vivant et ressenti. »
Construire le récit d’une expérience communale
Le groupe évoque la possibilité de documenter et de raconter ce qui s’est passé dans une commune où une liste ou une démarche citoyenne s’est constituée à l’occasion des élections municipales.
Ce récit pourrait retracer :
- la formation du collectif ;
- les motivations initiales ;
- la campagne ;
- l’arrivée ou non aux responsabilités ;
- les premières décisions ;
- les difficultés ;
- l’évolution du collectif ;
- les relations avec les habitants ;
- ce que devient l’idéal participatif après l’entrée dans l’institution.
L’idée est de commencer par une expérience ariégeoise proche et accessible avant d’aller chercher des exemples plus lointains.
Une autrice présente dans le réseau pourrait contribuer à cette mise en récit. Le nom de la commune concernée est difficile à identifier avec certitude dans l’enregistrement et devra être confirmé.
Relancer une place pour les enfants
Le groupe souhaite réactiver la possibilité d’accueillir les enfants pendant les rencontres.
Il ne s’agirait pas uniquement d’une solution de garde, mais potentiellement d’un espace animé autour :
- de la coopération ;
- de la vie du village ;
- de l’expression ;
- de la participation citoyenne ;
- de projets simples adaptés à leur âge.
Plusieurs membres semblent disposer de compétences ou de ressources pour proposer des activités.
Cette action pourrait faciliter la participation des parents tout en ouvrant progressivement l’Agoractive aux plus jeunes.
Mieux communiquer sur les actions locales
Le groupe constate que de nombreuses expériences existent dans les communes, mais restent peu connues.
Il souhaite mieux donner à voir :
- les initiatives municipales ;
- les projets citoyens ;
- les outils testés ;
- les réussites ;
- les difficultés ;
- les activités de l’Agoractive.
Plusieurs radios locales sont évoquées, notamment Pyrénées FM et Radio Transparence.
L’objectif ne serait pas seulement de promouvoir l’Agoractive, mais de rendre visibles les expériences afin que d’autres communes puissent s’en inspirer.
Développer l’accompagnement des communes
L’Agoractive dispose désormais d’expériences, de contacts et de ressources qui pourraient être mobilisés pour accompagner des communes.
Les accompagnements pourraient concerner :
- la préparation d’une journée citoyenne ;
- l’organisation d’une réunion publique ;
- la constitution d’un collectif local ;
- la définition d’un cadre de participation ;
- l’analyse d’une consultation ;
- l’animation d’un débat ;
- la mise en relation avec une commune expérimentée ;
- l’utilisation d’outils d’intelligence collective.
Le collectif ne souhaite toutefois pas se présenter comme un cabinet d’expertise. Sa valeur réside dans :
- l’expérience ;
- le partage entre pairs ;
- la diversité des regards ;
- la connaissance du territoire ;
- la capacité à orienter vers des personnes ou des ressources adaptées.
Apprendre progressivement et collectivement
Le groupe propose de créer des « apprentissages progressifs » et des « apprentissages collectifs ».
Il s’agirait de construire, rencontre après rencontre :
- une culture commune ;
- une meilleure compréhension des institutions ;
- une capacité d’animation ;
- des méthodes de coopération ;
- une connaissance des initiatives ;
- une capacité à accompagner sans imposer.
Une question de fond : comment intéresser davantage d’habitants à la chose publique ?
Au-delà des actions concrètes, une question traverse l’ensemble des discussions : « Comment intéresser les habitants à la chose publique ? »
Les participants observent que les habitants peuvent s’engager dans des associations, des projets culturels, des initiatives environnementales ou des solidarités de proximité sans forcément relier cet engagement au fonctionnement de leur commune.
La difficulté consiste donc à montrer que la chose publique concerne aussi :
- les services ;
- les équipements ;
- les espaces communs ;
- l’alimentation ;
- la mobilité ;
- l’école ;
- les finances locales ;
- la manière de décider ;
- la capacité d’un village à prendre soin de ses habitants.
Le groupe souhaite mieux comprendre comment des collectifs se créent dans certains villages alors qu’ils n’émergent pas dans d’autres.
Il ne suffit pas d’affirmer que les citoyens doivent participer. Il faut identifier :
- ce qui donne envie ;
- ce qui fait peur ;
- ce qui permet de franchir le premier pas ;
- ce qui maintient l’engagement ;
- ce qui produit un résultat visible ;
- ce qui permet aux personnes de se sentir légitimes.
Principes de fonctionnement confirmés
Plusieurs principes semblent faire consensus pour la suite.
Une animation partagée
Chaque rencontre ne doit pas reposer sur une seule personne.
Le principe rappelé est qu’au moins deux personnes préparent et animent la séance suivante.
Dans l’idéal, le binôme associe :
- une personne connaissant déjà l’histoire et les méthodes de l’Agoractive ;
- une personne arrivée plus récemment.
Le groupe reste accompagné par l’équipe du PETR pour les aspects pratiques, les invitations, la transmission des informations et la continuité générale. En revanche, le contenu et le format des rencontres doivent être définis par les membres volontaires.
Pas de participation obligatoire
La liberté d’implication est conservée.
Les personnes peuvent contribuer en fonction :
- de leurs disponibilités ;
- de leurs centres d’intérêt ;
- de leurs compétences ;
- de leurs contraintes familiales ou professionnelles.
Des actions réalistes
Le groupe souhaite réduire le nombre d’actions simultanées et mieux hiérarchiser ses priorités.
Une action ne devrait être engagée que si :
- elle répond à un besoin clairement identifié ;
- au moins deux personnes acceptent de la porter ;
- le temps nécessaire est compatible avec les disponibilités ;
- une forme de restitution est prévue ;
- elle présente une utilité concrète pour les habitants ou les communes.
Une alternance entre réflexion et terrain
Les rencontres devront continuer à alterner :
- temps de réflexion ;
- visites ;
- témoignages ;
- expérimentations ;
- transmission d’outils ;
- moments conviviaux.
Notre micro plan d'actions
Organiser des rencontres régulières, environ tous les deux mois.
Maintenir les visites de communes, de collectifs et de projets inspirants.
Construire un temps pédagogique sur le fonctionnement d’une commune et la répartition des compétences entre collectivités.
Produire des supports simples sur l’utilité et les formes de la participation citoyenne, adaptés aux élus, aux habitants, aux jeunes et aux enfants.
Transformer ou compléter les ressources existantes pour les rendre plus accessibles et disponibles en version imprimée.
Recueillir le témoignage de personnes issues de listes citoyennes devenues élues, notamment après une ou deux années de mandat.
Construire le récit détaillé d’une expérience communale ariégeoise.
Étudier la création d’un escape game ou d’une escape box sur les relations entre élus et habitants.
Réactiver un espace ou des activités pour les enfants pendant certaines rencontres.
Faire connaître les initiatives locales grâce aux radios et aux médias de proximité.
Promouvoir des formes de participation en cours de mandat : questions écrites, consultations, réunions publiques, implication dans les projets municipaux.
Accompagner ponctuellement des communes volontaires.
Continuer à documenter les expériences, mais avec une méthode plus simple et un objectif précis.
Mieux intégrer les enjeux de discrimination et d’inclusion dans les formats de rencontre.
Mettre en relation les communes qui expérimentent afin qu’elles puissent apprendre les unes des autres.
Prochaine rencontre de L'AGORACTIVE
Samedi 12 septembre 2026 de 10h à 13h30 dans la vallée d'Auzat-Vicdessos (lieu exact à venir)
Préparée par Sarah, Rémi et Sonia





